L'HISTORIQUE

Historique

1928

Inauguré en 1928 par le maire Camilien Houde, le Théâtre Empress était alors considéré comme l’une des plus impressionnantes salles de spectacle jamais construites à Montréal. Situé sur la rue Sherbrooke Ouest, près du boulevard Décarie, l’édifice abritait une salle de spectacle de 1550 sièges et un hôtel adjacent. Scènes en direct, films (muets et parlants) et vaudeville se sont succédés dans ce théâtre.

1962

L’Empress, sous la direction des « Royal Follies », présente des soirées de style cabaret à partir de 1962. Afin d’adapter le lieu à cette nouvelle ambiance, les nouveaux propriétaires ont remplacé une grande partie du design original intérieur d’Emanuel Briffa. Le salon de thé de l’Empress a fermé ses portes durant cette période, condamnant par le fait même l’accès entre l’annexe et le bâtiment principal.

1965

En 1965, l’édifice fut vendu à Cinéma V à des fins de conversion en salle de cinéma uniquement. Il subit d’importants travaux de réaménagement : on divisa l’espace principal, créant ainsi deux salles de projection : une de 332 places à l’étage supérieur et une de 538 places à l’étage inférieur.

Certains dômes peints du plafond d’origine ont été perforés afin d’installer les circuits de ventilation, les autres ont été recouverts d’un plafond suspendu. La marquise de la façade fut démolie et remplacée par de nouvelles marquises et les murs furent recouverts d’un revêtement au goût du jour. Devenu un cinéma érotique puis un cinéma de répertoire proposant des films d’art, le Cinéma V reste encore aujourd’hui une référence pour de nombreux cinéphiles montréalais.

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1988

Famous Players achète le bâtiment en 1988 et transforme sa vocation de cinéma répertoire en un cinéma de primeur. Mais suite à un incendie, une grande partie de l’intérieur du bâtiment fut détruit. L’installation culturelle de la rue Sherbrooke ferma définitivement ses portes au public en 1992. Depuis 1999, la Ville de Montréal est propriétaire de l’édifice.

2012

Suite à un appel public de propositions lancé en janvier 2012, l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce donne son appui, en septembre de la même année, « au projet de revitalisation du théâtre Empress, proposé par le groupe Cinéma NDG. L’organisme doit compléter le montage financier de son projet d’ici juin 2016 » et  conclure une entente avec la Ville de Montréal pour la propriété de l’immeuble.

2014

Un énoncé d’intérêt patrimonial a été produit par Patrimoine Montréal en octobre 2014 témoignant de la valeur architecturale de l’édifice dans le choix de l’esthétique néo-égyptienne, en vogue à l’époque de sa construction.

 

ÉNONCÉ DE L’INTÉRÊT PATRIMONIAL DU THÉÂTRE EMPRESS

L’intérêt patrimonial du théâtre Empress repose d’abord sur sa valeur historique, comme témoignage du développement du divertissement et des cinémas de quartier à Montréal pendant la période dorée des « Movie Palaces ». L’édifice témoigne de l’histoire des salles de cinéma montréalaises, qui sont passées des mains de petits propriétaires indépendants à celles de grandes firmes de distribution. Son changement de vocation, dès les années 1960, est tributaire de la chute de fréquentation des cinémas au profit de la télévision. L’édifice a en effet abrité un cabaret de 1963 à 1965, puis un cinéma de répertoire, le cinéma V, entre 1975 et 1992.

La valeur architecturale de l’édifice du théâtre Empress se reflète dans le choix de l’esthétique néo-égyptienne, en vogue à l’époque de sa construction, qui a servi de fil conducteur à la conception de la façade principale par l’architecte Alcide Chaussé avec la collaboration du sculpteur Edward Galea, et à la réalisation du décor intérieur par Emmanuel Briffa. Son architecture est aussi marquée par l’adoption de normes de protection incendie inédites mises en place par l’architecte et au caractère multifonctionnel du bâtiment.

Son emplacement sur la rue Sherbrooke Ouest et devant le parc Notre-Dame-de-Grâce, son insertion formelle et fonctionnelle dans la trame urbaine et sa qualité de repère visuel dans le quartier, lui confèrent une valeur urbaine indéniable.

Enfin, l’Empress est inscrit dans l’imaginaire des résidents du quartier Notre-Dame-de- Grâce qui l’ont autrefois fréquenté et fait l’objet d’une fascination mystérieuse pour tous les autres, qui n’y ont jamais pénétré.

Source: Patrimoine Montréal